Négocier les études de ses enfants

Très souvent le débat sur les études des enfants est un débat difficile car faisant appel à des paramètres parfois masqués. En effet il est du « devoir » des parents de vouloir le meilleur pour leurs enfants, de projeter sur eux ce qu’ils auraient aimé pouvoir faire pour eux-mêmes.

O tempora, O mores ! (autres temps, autres mœurs).

Les enfants quant à eux choisissent généralement des orientations en fonction de critères plus subjectifs et souvent réactifs à des informations peu fiables venant de leurs réseaux, qui eux-mêmes ne livrent que des ressentis basés sur des critères peu professionnels.

Que faire ?

La négociation peut vous aider dans cette démarche.

Rappelons cependant l’une des bases du « pouvoir négocier » : il ne faut rien vouloir pour les autres, mais seulement pour soi-même afin d’être en capacité de situer l’autre par rapport à soi et non l’inverse.

Or, le plus grand problème, dans cette discussion, réside en ce que les parents veulent quelque chose pour leurs enfants mais pas pour eux-mêmes. Les raisons sont souvent teintées d’objectivité (débouchées potentielles, envie de position socioprofessionnelle, projection de désirs personnels, etc.). La difficulté réside donc en la capacité que les parents ont à se détacher de leurs propres désirs projetés et de factualiser le débat avec leurs enfants.

Pour ce qui est des enfants, la difficulté consiste en ce que les priorités influençant le choix de la voie à suivre (exception faite de tous ceux qui ont une passion ou qui, pré-conditionnés, veulent suivre la voie familiale tracée) sont souvent basées sur une vision court-termiste (ambiance des cours, aménagements des lieux, situation dans la ville, etc.). Bien sûr à entendre ses enfants, seuls les éléments directement liés aux études elles mêmes sont mis en avant (qualité des professeurs, avantages des mixités de campus permettant les échanges, travaux en commun grâce à un logement indépendant, etc.).

On peut le voir facilement, deux visions du monde risquent de s’affronter, sans que les vraies raisons ne soient formulées.

Comment en sortir ?

Il s’agit de mettre en place ce qu’en négociation nous appelons : l’indicialisation. C’est-à-dire de créer une échelle de références admises par les deux parties pour permettre à chacune d’entre elle de placer des curseurs reconnus par l’autre.

Aussi la première négociation consistera à recenser de part et d’autre la liste des éléments constitutifs du choix débattu, sans critique ni jugement (type brainstorming).

N’ayez pas peur de lister des mots qui vous tiennent à cœur comme : débouchés professionnels (à expliciter sur le type : nombre de métiers affiliés en liaison directe, taux d’emplois et de demandes dans ce secteur, évolution du secteur – méthode du trending-, niveau de rémunération attendu, etc.).

Ne craignez pas non plus de lister des mots tels que : compétences nécessaires et comparées (exemple: si la filière choisie nécessite un bon niveau de mathématiques, assurez-vous de la capacité de votre enfant dans cette matière).

Chaque partie aura donc sa liste qu’il partagera avec l’autre pour retirer les doublons et vous pourrez passer à la mise en place d’une hiérarchisation de l’ensemble de ces mots pour créer une liste commune sur laquelle chaque choix se pourra d’être placé sur l’échelle de référence.

Vous voila prêts à la grande confrontation, qui grâce à la méthodologie appliquée de la préparation en négociation, sera plus « technique » et surtout moins perméable aux arguments (des deux côtés !). Les puristes pourront même, avant que de ne commencer le débat sur le fond, négocier la pondération de chaque critère afin de ne plus avoir à débattre du total obtenu après chaque étude de choix proposé.

En substance : il s’agit lors de débats, portant sur des éléments subjectifs appartenant à chaque partie, de construire un cadre de référence, dans lequel l’expression de chacun soit possible et admise par l’autre.

Cette méthode autorise le débat avec un recul permettant l’analyse et la négociation de la valeur relative de chaque critère.

Henri Jean Tolone

Henri Jean Tolone

Fondateur